Surdouance: un commerce devenu florissant.

 

"Surdoué" est devenu un terme un peu fourre-tout, parfois une béquille pour certaines personnes en détresse qui se cachent derrière cette dénomination certes rassurante mais surtout commerciale et enfermante plutôt que de reconnaître ce qui est dysfonctionnant dans leur façon d'être au monde et avec les autres.

 

Si la maladie, les symptômes, les troubles n'ont pas le pouvoir de définir pleinement qui nous sommes, il en va de même pour la surdouance. Être surdoué n'est pas une identité.

 

Depuis quelques années, la surdouance n'est plus décrite par ce qu'elle est réellement mais plutôt par un ensemble de stigmates: trouble de la concentration, difficultés scolaires et sociales, angoisses, etc.... Autant d'éléments communs à de nombreux troubles, névroses et pathologies.

 

Si le diagnostic de haut potentiel est plus vendeur, et nombreux sont les "spécialistes" en la matière qui ont su surfer sur cette vague, il n'en reste pas moins dangereux.

 

Surdoué ou non, chacun est avant tout une personne.

Un être humain avec des ressources, une histoire de vie et le chemin qui lui reste à parcourir. En somme, tout sauf un Zèbre.


S'imaginer que la surdouance rend exempt de toute forme d'adaptation et d'évolution, est une vérité bien confortable qui éloigne en réalité bien plus l'être de sa vie et du monde qu'il ne le rend libre et heureux.

 

S'il peut être réconfortant de regarder ses difficultés voire ses troubles comme des singularités extraordinairement plus riches que celles de ceux qui nous entourent, c'est au péril d'une vie socialement adaptée. En s'enfermant ainsi dans un diagnostic souvent erroné en matière d'intelligence, le risque est grand  de se couper de l'autre. Car cet autre, lui aussi existe dans sa pleine différence, et ne pas le reconnaître nous éloigne de certaines valeurs.

Vrai surdoué ou pas, justifier son mal-être par le fait d'avoir un QI ou une sensibilité différents de ceux de la communauté

n'est qu'un leurre. Un effet placebo permettant de passer d'un sentiment de sous-humain/impuissance (honte, culpabilité, manque de confiance en soi, peurs....) à celui de sur-humain/sur-puissance. Mais comme tout pansement, les effets ne sont pas permanents.

 

L'idée même de ne pas s'associer au groupe et de considérer les "non-zèbres" comme des "non-pensants" (terme que j'entends de plus en plus régulièrement de la bouche de "surdoués" qui s'auto-diagnostiquent comme tel) est révélateur de ce sentiment de toute puissance si éloigné du ressenti des véritables surdoués.

 

Après une succession d'écrits vendeurs et répétitifs, voici un livre qui traite sérieusement ce sujet devenu un peu trop la mode.

 

"Le livre des vrais surdoués" - Béatrice Millêt - Editions Payot et Rivages

 

La surdouance y est replacée dans son contexte. Béatrice Millêt, Docteur en psychologie, Psychothérapeute et Neurobiologiste a à coeur de redonner à la surdouance sa juste place.

 

Après la tendance des Pervers Narcissiques à fleurir un peu partout autour de nous depuis quelques temps, fallait-il rééquilibrer la balance et relancer le scénario de la vie en faisant entrer sur scène de Gentils Héros ?

 

La psychothérapie est affaire d'humain et de lien, le business est affaire d'histoires que l'on aime écouter et se raconter aussi...

 

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Aurélie Macariou

Psychothérapie Dijon 

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Aurélie MACARIOU

Psychopraticienne

Cabinet de consultation-Vallée de l'ouche

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